KENYAN PEOPLE

Il y avait longtemps que j’avais envie de partir à la rencontre de l’autre, mais en fait, l’idée de me retrouver loin de chez moi et de ceux que j’aime m’avait toujours angoissé. Il y avait quelque chose d’assez fort en moi dans le fait de partir. Une peur irrationnelle rattachée à l’idée que mourir loin des miens est un possible. Pourtant, j’aime la rencontre avec l’autre car tout le monde a quelque chose à offrir.
Ma première image de l’Afrique : les prairies verdoyantes de l’Éthiopie.
Mon ami Nathan, qui a vécu deux ans et demi à Nairobi, m’avait mis en contact avec Mathias, un acrobate international qui enseigne dans une école de cirque. Un seul mail a suffit pour se fixer rendez-vous.
Quand j’atterris à Nairobi, je n’ai plus de batterie pour appeler mon contact qui n’est pas là. Je ne savais pas à quel point je pouvais compter sur lui puisque nous n’avions échangé qu’un seul mail.
J’étais perdu et je venais d’arriver. J’étais en conflit avec la partie de moi-même qui était déjà dirigée par la peur. Je comptais sur ce voyage pour me confronter à moi-même, à mon désir de devenir photojournaliste.
L’enjeu c’était de revenir avec des images qui racontent une histoire.

Mathias est arrivé. Nous nous sommes embrassés à l’africaine, épaule contre épaule et nous avons quitté l’aéroport en direction de Gikomba Market. Le défi consistait à braver l’interdit de faire des images dans un endroit où être Blanc attire l’attention de tous.
Au-delà de la River Road, la sécurité n’est plus garantie, a fortiori la nuit.

Mathias m’a présenté Kamau et je me suis retrouvé au cœur du sujet que j’ai réalisé. Alors qu’initialement, je comptais faire un reportage sur les acrobates de Nairobi, mes rencontres avec mes amis de la Tree House m’ont mené sur un autre projet.
Les conditions de vie des gens, l’extrême pauvreté et le combat quotidien que livrent les Kenyans pour survivre m’ont beaucoup impressionné. J’ai pu mesurer la valeur de notre héritage social et l’intérêt que nous avions à le préserver car ces hommes vivent avec les règles du neo-libéralisme, ce que Günter Grass appelle « l’anarchie néo-libérale ».
Une rencontre avec un autre qui vit dans un état d’urgence n’est pas facile et souvent les rapports entre les personnes sont biaisés du fait de leur précarité excessive. Les pauvres constatent l’émergence d’une classe moyenne qui est justifiée par la fausse idée que chacun peut s’en sortir et cette « élite » vit recluse dans ses ghettos dorés. Là-bas comme ailleurs, l’égalité des chances n’existe pas.

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